- Botanique Systématique et
Phytosociologie
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- 30 ans de stages
d'écologie à Peyresq:
- une belle histoire
d'humanisme
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- Les stages d'écologie sont
organisés de manière bénévole, depuis
plus de 30 ans; les participants sont pour la plupart
différents chaque année. Ils viennent sur une base
volontaire dans le but de passer des vacances actives en se
formant à l'écologie pratique de terrain et
participent avec enthousiasme aux excursions. Chaque année,
les participants sont issus d'horizons très variés :
étudiants de diverses disciplines (botanique, biologie,
agronomie, pharmacie, géographie, sciences humaines, etc )
et de tous niveaux (candidature, licence, DEA, doctorat) mais
aussi des personnes déjà engagées dans la vie
professionnelle et voulant développer leur
sensibilité naturaliste. Ce mélange de participants,
respectant et valorisant la personnalité de chacun,
contribue à enrichir la profondeur des réflexions
sur les rapports de l'homme et de son environnement.
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- Peyresq, lieu de formation extra
muros
- Dès le début, Peyresq s'est
inscrit dans la perspective des nouvelles pédagogies et
formes d'apprentissage basées sur la réduction des
cours frontaux et l'accroissement du temps consacré par
l'étudiant à un projet personnel et au contact
direct avec le savoir des personnes qui exercent leurs professions
(stages ruraux).
- Comme ce type de formation encore largement
informel jusqu'à présent correspond aux grandes
lignes de la réforme de Bologne, on peut espérer que
dans un proche avenir les "stages de Peyresq" puissent être
pris en compte comme "unité de valeur" pour certains
nouveaux masters européens actuellement mis en
place.
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- Peyresq, lieu idéal pour
l'immersion
- L'organisation des stages à Peyresq
respecte généralement un certain nombre de
critères.
- Ils concernent d'abord un nombre limité
de personnes de façon à ce que les participants
puissent tous se connaître; ils rassemblent des personnes de
formation et de classe d'âge différentes pendant un
laps de temps de une à deux semaines; et enfin ils
évitent les sources de distraction très nombreuses
en cas de stages urbains.
- Cet ensemble de caractéristiques
correspond exactement au principe des stages d'immersion
considéré depuis quelques années comme une
méthode performante pour l'apprentissage
rapide.
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- Peyresq, lieu privilégié pour
la pluridisciplinarité
- Depuis 50 ans, Peyresq a innové par le
caractère pluridisciplinaire des nombreux colloques et
stages qui s'y sont déroulés.
- Cette approche pluridisciplinaire mais aussi
transdisciplinaire et interdisciplinaire a optimalisé
l'apport mutuel de diverses disciplines pour aborder un
problème commun.
- L'étude de la gestion de
l'environnement et de l'aménagement du territoire est un
cas typique où presque toutes les sciences exactes et
humaines sont concernées pour proposer des solutions
acceptables permettant un développement durable
c'est-à-dire livrer à nos enfants une terre peu
polluée où il fera encore bon vivre.
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- Peyresq, lieu de diffusion scientifique
internationale
- Les stages d'écologie ont vu la
participation de jeunes chercheurs venus de nombreux pays
différents surtout d'Europe et d'Afrique et qui sont
devenus par la suite des responsables dans leur ville ou pays
d'origine. Ils ont été sensibilisés à
cette méthode "Peyresq", heureux mélange de
disciplines, de niveaux d'expériences et de
métissage des cultures grâce à la vie en
communauté, favorisée par la prise des repas en
commun. Ainsi au fil des temps, Peyresq a accueilli de nombreux
représentants d'Afrique centrale (République
démocratique du Congo, Rwanda et Burundi, Gabon, Cameroun,
République centrafricaine, Congo Brazzaville) et d'Afrique
occidentale (Bénin, Côte d'Ivoire).
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- Peyresq, lieu
piétonnier
- Peyresq est aussi un lieu d'application
concret des bonnes pratiques écologiques, en vue de
sauvegarder la qualité de son environnement. A ce titre,
l'automobile a été bridée à Peyresq;
la voirie n'a pas été aménagée au
moment de la restauration du village et la partie est du village
n'est pas accessible aux voitures. Depuis 50 ans (soit quasi 30
ans avant la Grande Place à Bruxelles), un parking de
dissuasion a été réalisé à
l'entrée du village afin de conserver la
sérénité à la place principale du
village; c'était en quelque sorte un des premiers centres
piétonniers où le centre du noyau habité
(=forum) peut rejouer son rôle de lieu
privilégié de rencontre à l'abri des
va-et-vient pollueurs des voitures.
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- Peyresq, prototype pour la
glocalisation
- De manière générale,
Peyresq est devenu le creuset, le lieu précurseur de mise
en place d'un essai de glocalisation harmonieuse combinant une
sélection éclectique de bienfaits issus de la
globalisation récente (électricité,
téléphone, liaison internet), avec la richesse, la
saveur et la diversité du milieu physique et humain
entourant le village. La démarche peyrescanne prône
le glocal et associe donc le meilleur du global et du
local.
- Peyresq est en quelque sorte une oeuvre d'art
illustrant un équilibre subtil entre certaines
facilités issues de la société de
consommation et le caractère volontairement frugal d'un
cadre rural rustique.
- C'est un lieu de mise en place d'alternatives
à une mondialisation effrénée et banalisante,
soucieuses du respect des conditions locales par la
démarche d'écoute du savoir "sauvage"
concentré dans les villages avoisinants.
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- Peyresq, au carrefour des
changements
- Peyresq se prête bien comme lieu de
réflexion sur les grands problèmes
d'actualité. L'un des problèmes les plus cruciaux
est le changement global. Les Alpes de Haute-Provence vont
connaître un réchauffement climatique
particulièrement important dans le siècle en cours.
- On prévoit ainsi une remontée
des étages de végétation de 200 m d'altitude;
à cela s'ajoute une formidable recolonisation
forestière qui fait suite au déboisement
généralisé des 18 et 19e siècles. On
assiste ainsi à des risques de disparition des
ethnopaysages qui constituaient le patrimoine naturel entourant le
patrimoine bâti de Peyresq. Faut-il lutter pour garder ces
ethnopaysages en contrant la reforestation naturelle
particulièrement favorisée par le
réchauffement climatique et l'abandon des terres? Ou
faut-il accepter que Peyresq devienne un village entouré de
toutes parts de forêts de pins, d'alisiers et
d'érables? Ce dilemme n'est pas propre à Peyresq
mais se rencontre dans beaucoup de montagnes
péri-méditerranéennes et mérite
d'autant plus que l'on s'y intéresse.
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- Jean Lejoly
- Professeur à Université Libre de
Bruxelles
- Laboratoire de Botanique Systématique
et de Phytosociologie
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