- La Physique Non Linéaire
à Peyresq (1997-2004)
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- La science du non linéaire fût
longtemps une parente pauvre des sciences exactes, même si
ses méthodes et sujets ont existé en quelque sorte
de tout temps. Ainsi, pour mentionner une thématique qui
aurait pu intéresser Nicolas-Claude Fabri, l'explication
par Newton des lois de Kepler peut s'interpréter comme un
des premiers succès de cette science du non-linéaire
! Le développement scientifique est rarement
linéaire et suit des voies souvent
détournées, comme tout ce qui touche l'homme. Ce
n'est donc que beaucoup plus tard que les aspects « non
linéaires » en sont venus à définir un
domaine bien caractérisé du champ de l'investigation
scientifique et de la découverte. La communauté des
chercheurs niçois a joué un rôle tout à
fait à la pointe depuis les années 1960 dans ce
domaine (recherches de Michel Hénon sur le problème
à trois corps), ce qui a culminé dans la fondation
de l'Institut Non linéaire de Nice, soutenue alors par le
CNRS, département Sciences Physiques et
Mathématiques, un Institut ayant la vertu unique
d'être réellement pluridisciplinaire, à cheval
entre mathématique et physique (y compris
expérimentale). Cette pluridisciplinarité
réelle a motivé une politique très active de
« mise à niveau » à l'intérieur de
l'Institut, pour faire accéder les jeunes chercheurs aux
concepts et idées nouvelles développées dans
les branches autres que celle où ils avaient
été formés. Ceci a débouché sur
la tenue de conférences régulières à
Peyresq, à partir de 1997. Le succès scientifique de
ces rencontres a été toujours croissant depuis, en
particulier grâce à l'apport de deux autres
laboratoires, l'IRPHE à Marseille et le LPS à Paris,
qui sont devenus des partenaires de l'INLN dans la tenue de ces
sessions à Peyresq. Mentionnons aussi que ces
écoles/conférences de Peyresq sont publiées
systématiquement chez World Scientific dans une
série spéciale.
- Comment décrire la science qui se fait
à Peyresq lors de ses sessions? Tâche difficile tant
elle est variée et intéressante. On peut distinguer,
pour schématiser trois grandes thématiques :
systèmes dynamiques, mécanique des milieux continus
et (plus récemment) questions théoriques en biologie
et biophysique. Un bref aperçu -totalement non exhaustif-
de ce qui s'est fait suit.
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- 1) Systèmes dynamiques
- Leur étude est en quelque sorte la
matrice dont est issue tout le non-linéaire. Les
bifurcations de système dynamique avec symétrie
ont fourni le thème d'un cours en 2000. En 1999, la
question difficile des effets d'ordre transcendant a fait
aussi l'objet d'un cours sur une question qui n'est sans doute
pas encore épuisée. La thématique «
systèmes dynamiques » a fourni la base de
conférences « grand public » à
Annot.
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- 2) Mécanique des milieux
continus
- Ce thème, énorme quant
à son impact scientifique et technique, devient dominant
dans les dernières années. Il comprend des
questions classiques en plein renouveau, comme la
mécanique du solide en plaques et surfaces minces ou des
domaines dans un état plus achevé, comme la
mécanique des fluides. L'esprit 'Peyresq' a fait
toutefois que ces questions ont toujours été
abordées dans une optique originale. Par exemple
l'élasticité est vue dans sa relation forte avec
la géométrie, la mécanique des fluides
dans sa relation avec la combustion, la compressibilité
et/ou le mélange. Ce dernier thème a aussi
été étendu aux cristaux liquides, incluant
des démonstrations expérimentales. On peut sans
doute rattacher, au moins en partie, cette mécanique du
continu à tout ce qui s'est fait sur la dynamique des
états condensés quantiques, centré sur les
condensats de Bose-Einstein.
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- 3) Biophysique
- Ce thème est présent depuis
le début, mais il occupe de plus en plus de place, soit
directement, soit par des questions physiques qu'il pose. Il ne
peut bien sûr être question de transformer une
rencontre de Peyresq en session de recyclage en biologie, mais
des questions posées par la biologie, comme
l'adhésion, la dynamique coopérative des
systèmes auto-adaptatifs, etc. sont à la fois
signifiantes pour la biologie réelle et pleine
d'intérêt pour le physicien ou même le
mathématicien appliqué présent à
Peyresq.
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- Il serait sans doute bien trop
réducteur de voir dans le succès des Rencontres Non
Linéaires de Peyresq un succès de la
pluridisciplinarité. Peut-être inspirés par
Nicolas-Claude Fabri, ceux qui parlent et ceux qui assistent
à ces rencontres voient des questions intéressantes
et fort diverses, dont l'unité réside surtout dans
leur intérêt scientifique et leur lien avec une
problématique en constant renouvellement, le non
linéaire.
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- Yves Pomeau
- Laboratoire de Physique Statistique ENS,
Paris
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