Colloque Cartographie et épistémologie

Peyresq, 14-16 juin 2010 

Éric Guichard, avec Jean Dhombres
 

Sommaire
Présentation
     1.1  Histoire de la cartographie
     1.2  Le métier de cartographe
     1.3  La cartographie aujourd'hui
Organisation
Informations

1  Présentation
Le projet de ces journées est de réunir des personnes spécialistes de la cartographie ou intéressées par la preuve graphique et les interactions entre écriture et raisonnement scientifique. Ce sera l'occasion d'explorer, dans une perspective épistémologique, les pratiques lettrées en relation avec la cartographie et l'écriture des représentations du monde.

1.1  Histoire de la cartographie
• Cartes anciennes: fonctions, usages, destinataires. Ce point fait référence à des cartes qui nous sont parvenues (carte des mines d'or de Wadi Hammamat, cartes impériales de Peutinger) ou disparues (cartes d'Ératosthène, d'Agrippa, de Ptolémée). Leur statut à la fois textuel et graphique peut nourrir une approche comparatiste qui mettrait en évidence une aventure intellectuelle au coeur de notre propos: la textualisation croissante de l'écriture cartographique, devenue totale avec les formats informatiques.
•  La mémoire cartographique avant l'imprimé. S'il est difficile de recopier un texte à l'identique, ce l'est encore plus pour une carte. Ce constat s'est traduit dans l'Antiquité et le Moyen-Âge par la construction de tables cartographiques qui, si elles n'empêchaient pas les erreurs, en réduisaient le nombre. Que signifiait ce détour, en termes d'outillage mental et de pratiques lettrées?
•  La carte comme base du raisonnement: comment se construisaient les représentations de l' ekoumène à partir des outils intellectuels des premiers cartographes et quels types de raisonnements permettaient-ils? Ici, l'exemple de référence serait le projet de Colomb, appuyé sur des cartes dérivées des estimations (doublement erronées) de Marin de Tyr.
•  Les relations historiques entre mathématiques et cartographie.
•  Peut-on réaliser une typologie universelle des grands régimes d'écriture cartographique (Europe, Asie, etc.)?
•  La sémiologie graphique: mises en place, variantes historiques et culturelles, adoptions, abandons, détournements (cf. les succès à la fois remarquables et temporaires de sémiologues comme Prony et Bertin).

1.2  Le métier de cartographe
•  Le réseau réduit des cartographes et des lecteurs de cartes avant l'invention de l'imprimerie en Europe. Effets sur la place de la spatialité dans les raisonnements.
•  Les écoles de cartographie d'avant la Renaissance. La cartographie arabe et les dialogues interculturels.
•  Les concepteurs des grands atlas imprimés et leurs publics (Münster, Ortelius, les Mercator, les Blaeu).
•  Le cartographe ingénieur et artiste (cf. les cartes des élèves des Ponts et Chaussées de la fin du  XVIIIe siècle); utopies, imaginaires, culture et représentations des cartographes.
•  Le cartographe et la politique: les grands projets cartographiques et leurs échos, l'engagement politique de l'ingénieur-cartographe, les cartographes des colonies et des nouveaux mondes.
•  Exemples de renouvellements cartographiques: les cartes spéciales, les cartes de mines souterraines au XIXe siècle, etc.
•  Les cartographes contemporains: physiciens, ingénieurs, planificateurs, concepteurs de jeux vidéo, etc.

1.3  La cartographie aujourd'hui
•  Cartes, guerres et politique: la carte outil ou synthèse de batailles; la carte ancienne comme «preuve» et alimentation d'un conflit politique contemporain.
•  Histoire et méthodes actuelles de l'imagerie spatiale et de la cartographie.
•  Cartographier le climat dans ses variétés spatiale et temporelle.
•  L'historien et l'archéologue face à la carte.
•  Géographies numériques.
•  Formats, bases de données et groupes d'experts institutionnels ou informels: OpenStreetMap, IGN, SVG, cartes animées, etc.
•  Écrire ou décrire le monde? De la carte de Waldseemüller aux cartes de l'internet (Caida, etc.).

2  Organisation
Chaque intervenant/e est libre de proposer un sujet de son choix, historique, épistémologique, réflexif ou à valeur de témoignage.
Une intervention peut durer entre 20 et 50 minutes, au choix du conférencier. Elle est suivi d'un débat d'une durée analogue.
Un titre et un résumé de l'intervention (5 à 15 lignes) sont bienvenus.

3  Informations
Le colloque se tient à Peyresq, haut lieu de l'humanisme, du lundi 14 juin au matin au mercredi 16 juin au soir. Pour des raisons de commodité, nous conseillons aux intervenants et participants de venir le dimanche 13 juin (après-midi ou soir) et de repartir le jeudi 17 juin au matin.
Des navettes seront prévues pour les personnes arrivant à Nice: le village de Peyresq, où se tient le colloque, n'est qu'à 100 km de Nice, mais à 2h de route (et à 177 km d'Aix-en Provence, à 2h30 de route).
L'hébergement et les repas des intervenants sont pris en charge par les organisateurs du colloque. Les frais de déplacement aussi, mais les conférenciers préférant imputer ces derniers sur leurs propres budgets de recherche sont encouragés à profiter de cette liberté.
Il est possible d'accueillir quelques doctorants et post-doctorants.