J.S. Bach
La Rhétorique et le Nombre
 

du mardi 30 mai au vendredi 2 juin 2000

 
 

Nouvelles clés pour l'univers musical de Bach.

Né en 1685, mort en 1750, J.S. Bach n'est cependant pas un compositeur représentatif de l'Age des Lumières germanique. De fait, Bach, incompris ou mal compris de ses contemporains, représentait pour eux la survivance d'un goût démodé, du style contrapunctique, des artifices intellectuels du passé. En réalité, Bach explora tous les domaines de l'écriture musicale comme s'il voulait dans son œuvre reconstituer toute l'histoire de la musique.
Le souci majeur de Bach était de convaincre de la vérité de la foi et il mobilisait à cet effet toutes les ressources de la rhétorique.
Trop longtemps négligée au XIXè et au XXè siècles la rhétorique (musicale) est pourtant la clé essentielle, sinon unique, pour pénétrer l'univers musical de Bach, dont l'œuvre constitue certainement l'apogée de la pensée rhétorique dans la musique occidentale. Tout l'itinéraire de Bach est marqué par la "Théorie des passions", héritée de la rhétorique et codifiée par le savant jésuite Athanasius Kircher (1601-1680). Il fallait que les sons ou les phrases musicales reproduisent les différents sentiments ou "passions". L'ornementation n'est plus alors un attribut secondaire mais reflète au contraire l'harmonie divine. A la recherche de la perfection, Bach, particulièrement dans les dix dernières années de sa vie, s'est aussi tourné vers des expériences spéculatives où le fondement de la musique reste le nombre, considéré comme un instrument de l'expression, mais aussi comme symbole. Le rôle du nombre chez Bach reste cependant peu clair et l'un des objectifs de ce colloque est d'en mesurer les limites et le véritable intérêt.
 
Organisatrice : Joëlle-Elmyre DOUSSOT, Musicologue, Dijon.
 
Programme du colloque à la page suivante.