Quand savoir, c’est voir

 

Simon Diner

 

A Bernard Caillaud

Qui transformait son savoir en voir

 

 

 

Ce texte accompagne les exposés  faits au Musée des Beaux Arts de Caen, le 27 Février 2004, sous la bannière « Art et imagination scientifique à la Renaissance ». (Cf. Evènements 06). Il a été publié ainsi que les exposés par Europia, Paris, en 2004.

 

Cette manifestation aurait pu s’intituler « Artistes-savants à la Renaissance ». Entérinant ainsi simplement le fait que les plus grands artistes de la Renaissance

étaient aussi bien souvent des savants. Ce n’est plus le cas de nos jours, même si certains artistes s’intéressent à la science, comme ce fut le cas pour Marcel Duchamp ou Salvador Dali, ou se passionnent même pour les constructions  mathématiques comme Max Escher ou Anton Pevsner. On ne peut malheureusement même pas dire que l’usage massif de la technologie informatique soit porteur de véritable culture scientifique. On n’imagine même pas Max Ernst  illustrant un ouvrage d’Einstein ou Picasso mêlant son cubisme pictural au cubisme scientifique de la mécanique quantique dans le traité de Dirac par exemple.

Ce n’est pas le lieu ici de mentionner les îlots où Art et Science se côtoient au milieu d’un océan d’incompréhension. De souligner les efforts et les réalisations du MIT ou du ZKM à Karlsruhe (Peter Weibel), et la courageuse traversée du désert de la revue Leonardo.

 

Nous voudrions plutôt insister sur certains facteurs socio-historiques qui conditionnent à chaque époque les rapports entre l’art et la science, et permettent par exemple de comprendre pourquoi les XV et XVI émes siècles sont des moments d’heureux mariage entre ces deux démarches.

Parmi tous ces facteurs, il en est un qui mérite d’être examiné en détail. C’est le statut de la vision dans la culture d’une époque, déterminant le rapport du voir au savoir[1]. Un statut qui influence profondément le caractère de la démarche scientifique au même titre que celui de l’expression artistique. Un parallélisme qui suffit à lui seul à révéler les liens profonds qui existent à chaque époque entre le caractère de la science et le caractère de l’art. Soulignant par là que l’art se veut bien souvent par le biais de l’émotion une source de connaissance là où la science se veut une représentation objective de la Nature et de l’Homme. Démontrant amplement la liaison profonde entre la perception et le langage que s’emploient à révéler dans le détails les sciences cognitives d’aujourd’hui, qui insistent à juste titre sur l’importance des métaphores visuelles à côté des métaphores corporelles dans les formulations de la connaissance. Et  cependant l’histoire fait mentir les rapprochements hâtifs d’étymologies distinctes en montrant que savoir ce n’est pas toujours voir, ou que voir ne suffit pas à savoir. Sans évoquer ici l’interversion constante de savoir et de pouvoir entre le français et le « belge ». Il n’en reste pas moins que de nombreux moments forts de la science sont intimement liés à l’extension de notre vision grâce à des dispositifs technologiques. Tel le télescope et le microscope, la photographie et le cinéma, ainsi que de nos jours l’imagerie médicale et l’imagerie du nanomonde. Voir le cerveau en action (RMN fonctionnelle) ou voir les atomes (microscope à effet tunnel), sans parler bien sûr de l’exploration visuelle de la Lune ou de Mars par retransmission à distance d’images photographiques, sont des exploits qui alimentent l’imaginaire tout court avant même de nourrir l’imaginaire scientifique.

A la Renaissance, les problèmes de la perspective tout comme ceux de la cartographie sont des problèmes techniques de représentation du monde avant de devenir des problèmes esthétiques. Pierro della Francesca ou les cartographes de Florence sont des artistes « mathématiciens ». D’une manière générale la perspective a stimulé l’utilisation et la mise au point d’instruments en astronomie, en optique et en « dessin technique »[2]. En fait la perspective est un élément essentiel de la vision mécanique du monde, avec son utilisation de l’observation, de l’expérience et de la mesure. Les instruments doivent aider l’œil (Luca Pacioli). C’est déjà peut-être en germe l’idée de la vision artificielle.

 

Alors que biologiquement vision et langage se présentent comme largement entremêlés, ils s’opposent souvent dans la culture d’une époque. On voit tantôt privilégier le langage, le discours, le raisonnement comme sources de certitude sur le monde et garanties de la vérité. C’est le règne de la démonstration et de la rhétorique, de l’argumentation et de la logique. Tantôt on voit dominer le pouvoir des images et des représentations visuelles. De tout temps rationalité et imagination visuelle sont opposés, et ce conflit sous-tend bien des polémiques religieuses, scientifiques ou artistiques. Témoins la crise iconoclaste dans le monde byzantin ou la querelle des poussinistes et des rubénistes au XVII ème siècle.

On ne peut pas alors ne pas être frappé par le curieux cours historique de la science de la logique dans la pensée occidentale. Les historiens de la logique font en effet remarquer que la logique n’a connu en Occident (monde islamique inclus) que trois périodes fastes, chacune relativement courte[3]. La période de l’antiquité grecque, entre 350 et 200 avant J.C., celle où Aristote fonde la logique comme règle de l’argumentation. La période médiévale –la plus longue-

de 1100 à 1450, avec en particulier l’œuvre de Guillaume d’Ockham. La période moderne depuis le milieu du XIX ème siècle, période de la logique mathématique. Boole, Peano, Frege, Russell en sont les héros. Dans les intervalles de plusieurs siècles, rien ou presque rien, si ce n’est de citer Boèce (480-524) et Leibniz (1646-1716).

Ce n’est sans doute pas une coïncidence si dans le trou de la logique entre 1450 et 1850 s’installent l’art de la Renaissance avec ses héritiers et la science expérimentale, fondement de la science moderne.

Art et Science ont alors les mêmes intérêts et les mêmes objectifs. Rendre compte du monde visible. Justifier le développement d’une société dominée par la production « industrielle » et où la marchandise devient une valeur centrale. Une société où avoir raison consiste à posséder et manipuler des objets fabriqués ou des objets de la nature. Une société où savoir c’est pouvoir et où pouvoir nécessite de voir.

Dans son très beau livre[4], Amos Funkenstein, consacre un chapitre entier au changement d’idéal de connaissance dans la société de la fin du moye-âge. Il décrit l’apparition d’un idéal de la connaissance par «l’action», opposé à l’idéal d’une connaissance contemplative.

« Ce nouvel idéal ergétique de la connaissance était directement en opposition avec le vieil idéal contemplatif. La plupart des épistémologies antiques et médièvales avaient eu en commun un caractère réceptif : que la connaissance ou la vérité fut atteinte par abstraction à partir des données sensibles, par illumination ou encore par introspection, elle était trouvée et non construite. Au contraire, explicitement ou non, la plupart des « sciences nouvelles » du XVII ème siècle postulaient une théorie constructive de la connaissance. »

La montée en puissance au XVII ème siècle de la vision mécaniste du monde et de son idéal d’action, vient concrétiser un mouvement en place depuis le XV ème siècle.

Après avoir réunifié la théologie et la raison avec Maïmonide, Averroes et Thomas d’Acquin, l’occident médiéval se met en devoir de prouver les vérités de la foi par les actes et les images. Au règne de la scholastique succède celui de l’optique et de la représentation comme règles de l’action[5]. Ce rôle croissant de la vision dans l’établissement de la certitude à partir du moyen-âge tardif, commence à peine à être étudié[6]. William Whitney commente ce point dans sa thèse[7].

« Au XV ème siècle, le rôle joué par l’optique dans la codification des idées, dans l’organisation de la syntaxe intellectuelle est central. C’est donc avec la vision, avec ce qui est vu, qu’on est sûr de ce qu’on sait. »

Et de rappeler que des débats scholastiques avaient déjà comme thème central la connaissance par la vision. Ainsi Guillaume d’Ockham déclare :

« Ce qui est représenté doit être connu avant (d’être représenté) ; autrement la représenté ne conduit pas à la connaissance de ce qu’il représente »

Traduisant ainsi un manque de confiance dans la vision et la représentation pures. Manque de confiance reflétant les discussions médiévales sur la psychologie cognitive, dans le cadre complexe de la philosophie aristotélicienne. Discussions dominées par les controverse sur la notion de species (espèce), particulièrement élaboré chez Thomas d’Acquin[8]. L’espèce est ce qui manifeste un être. Les accidents perceptibles d’un être matériel, ses qualités sensibles sont appelés ses espèces. Les espèces ont une existence autonome en ce qu’elles sont émises par l’objet et transmises aux organes de perception. Les discussion portaient sur la réalité de ces espèces et s’interrogeaient sur la manière dont le cerveau acquiert une connaissance véritable, qui est la connaissance non pas des accidents mais la connaissance générale, la connaissance de la quiddité. Dans ce but Thomas suppose une activité connaissante autonome du cerveau. Ce dernier ne se borne pas à recevoir les impressions communiquées par les species, n’a pas un rôle de récepteur purement passif, mais manifeste une activité propre qui permet l’accès à la véritable réalité. Idée qui peut sembler difficile à soutenir dans le contexte scientifique de l’époque. Il est piquant de remarquer que c’est pourtant une idée de ce genre qui est défendue aujourd’hui par les sciences cognitives de la vision. Ces mécanismes compliqués  de la vision n’étaient pas unanimement acceptés, et la décadence de l’influence de la philosophie aristotélicienne a sans doute contribué à leur élimination[9]. Comme l’écrit P. Hamou[10] :

« L’abandon quasi unanime de la doctrine scholastique des espèces intentionnelles est certainement un symptôme important du fait qu’à l’âge classique le cadre conceptuel de la théorie de la perception a subi une mutation profonde »

Cette mutation accompagne la naissance de la science moderne et l’on n’en finirait pas de discuter pour savoir si c’est la mutation scientifique qui entraîne la mutation du regard ou vice-versa. Il n’en reste pas moins que l’on voit la vision devenir le sens dominant du monde moderne au service non plus exclusivement de la religion mais aussi de l’activité socio-économique. Une vision élargie par les procédés et les innovations technologiques : la perspective, les miroirs argentés, le télescope et le microscope.

Une vision du monde commune à l’art et à la science. D’où l’apparition des artistes savants de la Renaissance.

 

Comme tout mouvement entraîne un contre mouvement, il ne faut pas s’étonner, qu’à la montée en puissance d’une culture visuelle, qui atteindra son paroxysme à l’époque baroque, viennent s’opposer des positions qui jettent l’opprobre sur la vision. Le contre visuel a toujours existé. Témoins les crises iconoclastes dans l’empire byzantin, la réforme cistercienne de saint Bernard au XIIIème siècle ou le réforme protestante.

Aux excès et à l’exubérance de la visualité qui tendaient à accréditer une confusion, sinon une identité, entre le visible et le réel, va s’opposer une intellectualisation, une spiritualisation de la vision. Avec un mouvement parallèle de la science.

A l’enthousiasme de la visualité et des nouvelles technologies qui l’amplifiaient, laissant espérer la constitution d’une physique en acte (ignorant la puissance aristotélicienne), et constituant les fondements mêmes de la science expérimentale, va succéder une reconquête lente de la physique par une pensée platonicienne, sous couvert de mathématiques de plus en plus abstraites et de moins en géométriques. Il suffit de rappeler ici que les « Principia Mathematica Philosophiae Naturalis » de Newton abondent de figures alors que moins d’un siècle plus tard la « Mécanique analytique » de Lagrange n’en comporte aucune.

 

 

Ces affrontements entre le visuel et le non visuel, l’empirisme et le rationalisme s’expriment dans les quatre grands « programmes scientifiques » du XVII ème et du XVIII ème siècles.

 

Le programme de Descartes assume l’héritage de Platon et de Galilée, en instaurant le primat des mathématiques (la géométrie disait on encore). Dans ce but il identifie la matière et l’espace, la substance et l’étendue. La physique d’Einstein qui réduit le réel au géométrique, poursuit et en quelque sorte réalise le vieux rêve de Descartes et de Platon. Mais ce faisant, Descartes introduit une nouvelle vision de la matière, comme dématérialisée. Une matière purement conceptuelle, une « res cogitans » (chose d’esprit), dont la mécanique quantique au XX ème siècle semble curieusement faire son profit. De l’atome d’hydrogène, elle ne connaît en effet que l’équation de Schrödinger de l’atome d’hydrogène. L’atome réduit à une formule mathématique. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Ou plutôt la vision est devenue purement intellectuelle. Tant de siècles pour en arriver là. Le divorce entre l’art et la science est consommé.

C’est la faute à Descartes et à sa conception de la vision privilégiant l’intelligible sur le sensible. Comme l’écrit P. Hamou (op. cité note 10) :

« (Pour Descartes) le noyau de vérité dont les jugements perceptifs sont porteurs- l’idée générale que les choses extérieures sont bien douées de propriétés spatiales et sont donc des choses étendues et figurées- doit être mise entièrement au compte de l’entendement. Ce point permettra en particulier à Descartes d’affirmer, contre l’empirisme latent de la tradition aristotélicienne, que notre connaissance de l’essence des choses matérielles (l’étendue) ne doit rien aux sens........voir n’est pas seulement appréhender par une image sensible les apparences extérieures des choses, c’est toujours aussi solidairement rapporter par le jugement cette image à une certaine nature essentielle, ou à une certaine substance que l’entendement seul est capable de saisir. »

A vouloir séparer l’esprit du corps, on sépare l’art de la science.

 

Le programme atomiste ressurgit au XVII ème siècle, grâce en particulier aux efforts de Gassendi. Il y a toujours dans le programme atomiste deux tendances : un atomisme philosophico-mathématique (peut on diviser infiniment l’espace ?) et un atomisme physique ( peut on morceler indéfiniment la matière ?). En fait deux camps qui ne s’intéressent pas au même problème, l’un considérant le statut de l’invisible (l’espace) l’autre le statut du visible (la matière). Cette double tradition de l’atomisme se retrouvera au XX ème siècle, lorsque la physique se partagera entre théories corpusculaires et théories de champs, faute de savoir les concilier pleinement. La notion de champ interpelle cependant les artistes de ce siècle[11].

Le programme de Newton est un nouveau programme scientifique, qui va finir par dominer tous les autres programmes au milieu du XVIII ème siècle. Newton se présente comme le champion de la méthode expérimentale en science, dans l’atmosphère anglaise où prévaut un esprit empirique, dont les philosophes Locke et Hume sont les meilleurs représentants. Une philosophie anglaise à la mesure de l’essor industriel et de l’expansion impériale. Le fait expérimental comme fondement de toute science. L’affirmation d’une philosophie de la puissance visible. Le grand présupposé de tout le programme de Newton, à travers son invocation de l’expérience, est l’affirmation d’une philosophie substantialiste du réel. L’espace et le temps, les masses des corps et les forces qui agissent sur ces corps sont vrais et absolus.

Newton veut donner de la nature la même image que les peintres de la Renaissance. L’image d’une réalité extérieure s’offrant à notre vision. Tout comme l’emploi de la perspective, l’absolutisation des concepts de la physique a pour but de donner une description naturaliste du monde. C’est là ce qui a imposé pendant trois siècles au moins les canons esthétiques de la Renaissance. C’est là ce qui a fait le succès du programme de Newton pendant près de deux siècles. Le monde tel que nous le voyons et le représentons à l’aide des mathématiques. Le monde tel qu’il est.

 

Le programme de Leibniz cherche à unir Platon et Aristote. Leibniz est le père fondateur d’un idéal scientifique que vont partager les physiciens théoriciens du XX ème siècle. Le père incontestable de l’attitude structuraliste et axiomatisante. Le père d’un nouveau rationalisme baroque, de par le rôle central attribué à la simulation. L’idée fondamentale du Baroque, son principe universel d’explication s’énonce : «  Tout se passe comme si ». Dans le monde mécaniste tout se passe comme si Dieu n’existait pas. Comme le théâtre baroque, la physique de Leibniz et la physique actuelle ne figurent pas la réalité mais la fiction. C’est le triomphe de l’illusion. Une illusion formaliste qui oppose Leibniz à Newton. Etre leibnizien, c’est avant tout opposer aux objectifs empiristes de description ( éventuellement mathématique) un véritable projet théorique. Il s’agit non pas de représenter le monde mais de le construire (ou de le reconstruire). Une attitude délibérément constructiviste opposée aux positivismes de tout poil. La peinture au XX ème siècle, du cubisme à l’abstraction, saura retrouver ces accents.

 

Les quatre programmes scientifiques précédents s’accordaient sur un point fondamental : tous les phénomènes de la nature sont complètement soumis aux lois de la mécanique.

Malgré l’avantage apparent acquis par le programme de Newton, le choc de Leibniz et de Newton laisse la pensée philosophique indécise. Ce ne sont pas les conceptions de la nature qui s’opposent véritablement, mais bien les conceptions sur les modes de connaissance de cette nature. Les rationalistes pensent pouvoir accéder à un monde de pure connaissance à priori, indépendamment des expériences sensorielles, alors que les empiristes prétendent fonder la connaissance par induction à partir des seules données expérimentales. Ce choc va provoquer la naissance de la « Psychologie Philosophique » chez Kant.

C’est en voulant dépasser cet antagonisme que celui ci va susciter un changement de point de vue révolutionnaire, faisant passer la lumière des projecteurs de la Nature vers l’Homme. Au règne de l’Objet, succède le règne du Sujet connaissant. Kant édifie une théorie philosophique de la connaissance fondée sur un assujettissement du réel au concept.

Ce n’est pas la connaissance qui s’acquiert à partir des objets mais les objets qui se constituent à partir d’une connaissance à priori, qui seule rend la connaissance sensible possible. Le rationalisme et l’empirisme se trouvent ainsi dépassés dans une démarche que Kant qualifie de transcendantale.

 

 

Après Kant plus rien ne sera comme avant. L’esprit de la Renaissance est bien loin. Les artistes s’intéressent plus à l’homme et à ses sentiments qu’au spectacle de la nature, et perdent l’intérêt pour une science où la vision joue de moins en moins de rôle. Les mathématiques et la nouvelle logique engagent la science sur des voies abstraites que les artistes ont du mal à suivre. L’art subit des mutations profondes et fait face à des crises d’incompréhension. La science fait peur par ses dérives technologiques et politiques.

Le divorce entre art et science est aujourd’hui réel. Durera-t-il a l’époque informatique où notre univers est à nouveau rempli d’images et où se développent les sciences cognitives de la vision, la vision artificielle et l’intelligence artificielle ? C’est là le défi des décennies à venir.

 



[1] L’étude de la vision comme facteur historique et social, chaque époque accordant à la vision un statut différent, a fait l’objet de nombreuses publications dans les dernières années. Citons, parmi bien d’autres :

            H. Foster, ed. Vision and visuality. Bay Press. 1988.

M. Jay. Downcast eyes. The denigration of vision in twentieth century french thought. University of California Press. 1993;

J. Crary. Techniques of observers: On vision and modernity in the nineteenth century . 1990 ( L’art de l’observateur: vision et modernité au XIX ème siècle. J. Chambon. Nîmes. 1994).

L. Manovich. The engineering of vision from constructivism to computers. 1993. University of Texas Press. 1998. ( sur le web   http://www.manovich.net ).

[2] .K.H. Veltman. The sources and literature of perspective.

            Vol1.     http://www.sumscorp.com/perspective/Vol1/title.html

            Vol2.     http://www.sumscorp.com/perspective/Vol2/title.html

[3] P.V. Spade. Thoughts, words and things : An introduction to late mediaeval logic and semantic theory. 2002.

                        http://pvspade.com/Logic/docs/thoughts1_1a.pdf 

[4]A. Funkenstein. Théologie et imagination scientifique du Moyen-Age au XVIIe siècle. Presses Universitaires de France. 1995

[5] On ne peut s’empêcher d’évoquer ici les travaux actuels menés dans les sciences cognitives et démontrant le lien profond qui existe entre la vision et l’action. Une approche sensori-motrice de la vision qui aboutit à la maxime : « Quand voir, c’est faire ». Liens complexes entre nature et culture.

J.K. O’Reagan and A. Noë. Behavioral and Brain Sciences. 24 (5) , 2001. A sensorimotor account of  vision and visual consciousness.

P. Jacob et M. Jeannerod. Quand voir, c’est faire. Revue Internationale de Philosophie. 53 (209), 293-319, 1999.  

[6] Cf. par exemple : K.H. Tachau. Vision and certitude in the age of Ockham. Optics, epistemology and the foundation of semantics. Brill. Leiden. 1988.

[7] W. Whitney. Van Eyck. La lumière et la couleur. La technologie et les techniques picturales à la cour de Bourgogne au XV e siècle. Paris I. 1995.

[8] L. Spruit. Species intelligibilis : From perception to knowledge. I. Classical roots and medieval discussions. Brill. Leiden. 1993.

[9] L. Spruit. Species intelligibilis : From perception to knowledge. II. Renaissance controversies, later scholasticism and the elimination of the intelligible species in modern philosophy. Brill. Leiden. 1995.

[10] P. Hamou. Voir et connaître à l’âge classique. Presses Universitaires de France.2002.

[11] S. Diner. L’art et le champ. http://www.peiresc.org/Art%26Champ.html