De Bruxelles à l'Oural

Le XXème siècle a été marqué par le démembrement et la constitution de vastes "empires". Commencé par l'effondrement de l'empire turc et de l'empire austro-hongrois, témoin de la constitution et de la disparition de l'empire soviétique, marqué par la décomposition des empires coloniaux, il s'achève par la constitution d'un empire de l'économie mondiale menaçant les multiples identités historiques, ethniques et nationales.

C'est dans cette atmosphère de déconstruction et de reconstruction que l'un des faits majeurs du siècle s'avère la construction de l'Europe, avec Bruxelles comme capitale symbolique.

Pour marquer l'an 2000, Bruxelles se doit d'être un moment le lieu d'affirmation des différentes cultures qui font l'Europe, de Brest à l'Oural, de la Scandinavie à la Méditerranée. C'est alors qu'il faut marquer puissamment que la Russie appartient à l'Europe, traversée elle-même par ces deux axes Nord-Sud et Est-Ouest. Son histoire au XXème siècle est marquée par une confrontation tumultueuse entre tradition et modernité. C'est cette réalité là, souvent méconnue et mal appréciée, partie intégrante de la richesse européenne, que Bruxelles pourrait célébrer dans le cadre du projet “Art et Science”, à travers une exposition originale et hautement significative.

Nijni-Novgorod sur la Volga

Cette célébration peut prendre prétexte d'une célébration qui se prépare en Russie autour de 2001 à Nijni - Novgorod, carrefour de la Volga et porte historique de la Russie : “Le centenaire du mathématicien et physicien Alexandre Andronov”, qui a joué avec son école un rôle central dans la science du XXe siècle.

Les prolongements de son oeuvre par-delà la science sont à l'origine de tendances culturelles majeures de cette fin de siècle.

A cette occasion on pourrait envisager un rapprochement entre Bruxelles et Nijni-Novgorod.

Faire éclater au coeur de l'Europe le génie du coeur lointain de la Russie.

Pour “ Bruxelles, ville européenne de la culture de l’an 2000 ”, il s’agit, par une initiative spectaculaire et originale, de valoriser le pôle d’attraction que représentent les institutions européennes et de modifier l’image en partie négative de Bruxelles comme une ville où se prennent des décisions lourdes de conséquences, mais vécues de loin par les citoyens européens.

Le projet présenté répond par ailleurs à l’idéal souhaité de projets fédérateurs, en alliant l’Art et la Science, d’une manière globale, très rarement réalisée.

Toute culture du XXIème siècle ne sera humaniste qu’au prix d’une intégration totale des connaissances scientifiques à tous les discours sur l’Homme.

Kremlin, Doshliguin (Palekh)