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CONCLUSION
Ce bref parcours de près de deux siècles d'iconographie musicale européenne ne peut en aucun cas donner un aspect exhaustif de l'immense production picturale qui vit le jour pendant cette période riche entre toutes. Sur les milliers de tableaux, gravures, objets décoratifs, tapisseries dont le sujet fut la représentation d'instruments de musique, nous n'en avons retenu ici qu'une centaine, notre choix s'étant finalement porté sur ce qui nous semblait le plus caractéristique d'une époque, d'un goût, d'une mode, d'une technique ou, au contraire, sur l'exemple qu'il fallait rejeter, parce que fantaisiste ou susceptible d'une fausse interprétation : preuve de l'importance, mais aussi de l'insuffisance de l'iconographie musicale.
Mais l'apport est immense :nous voyons évoluer les instruments et les modes, avec des différences notables selon les pays ; certains instruments ne font qu'une brève apparition : fruits de l'imagination d'un luthier, ils n'auront que peu la faveur des interprètes et tomberont dans l'oubli ; d'autres, comme le pianoforte, auront la fortune que l'on sait
Passionnante aussi est l'étude des techniques de jeu, des positions de l'instrument ou des mains de l'instrumentiste. A l'époque de l'extraordinaire renouveau de la musique ancienne qui est la nôtre, nul doute que l'iconographie musicale n'ait été d'un précieux secours pour ceux que l'on appelait naguère encore " les baroqueux " : ils ont ainsi pu retrouver la bonne manière de tenir un archet de viole ou de poser le violon sur l'épaule et non sous le menton, ces bons gestes étant la condition première pour essayer de restituer, le plus fidèlement possible, les sonorités que souhaitaient entendre les compositeurs d'un passé si proche de notre sensibilité actuelle.
Cependant, aussi riche, aussi précieuse qu'elle soit, cette iconographie musicale doit être toujours étudiée à la lumière d'ouvrages d'histoire de la musique, de traités d'organologie et de facture instrumentale : telle position qui nous paraît inhabituelle, tel instrument inconnu, ne sont peut-être dus qu'à un manque d'observation du peintre ou à un travail de restauration peu respectueux
Mais, malgré ces quelques restrictions, l'iconographie musicale est une source inestimable de renseignements pour l'organologue, tout comme pour le musicologue, l'historien ou le sociologue.