Rencontre de Cosmologie "Peyresq Physics 8"
Universités de Maryland (USA), Barcelone et Bruxelles
 
du samedi 21 au vendredi 27 juin
 
 
L'édition 2003 de Peyresq Physics (Peyresq Physics 8) sera tout spécialement consacrée à l'étude du rayonnement de fond cosmologique qui a connu récemment des développements spectaculaires. Après les données du satellite COBE en 1992 et celles de l'expérience Boomerang en 1998, puis Maxima en 2000 et Archeops en 2002, c'est au tour des mesures du satellite Map de faire la une de l'actualité en 2003.
 
Une vingtaine de spécialistes mondiaux du rayonnement fossile viendront faire le point sur les enseignements que l'on peut tirer des données expérimentales de Map. On verra notamment Andrei Linde et Renata Kallosh de l'université de Standford, Paul Steinhardt et Lyman Page de Princeton, Lev Kofman et J.R. Bond de l'université de Toronto, Paolo de Bernardis et Silvia Masi de l'université de Rome, Gia Dvali de l'université de New-York.
 
Le rayonnement de fond cosmologique, décrit par Gamov en 1948 et découvert par Penzias et Wilson en 1965 constitue le véritable « acte de naissance » de l'univers, aux caractères considérablement affaiblis mais encore lisibles aujourd'hui grâce à des instruments d'une sensibilité extrême.
 
Il fut émis environ 300 000 ans après le Big Bang lorsque, la température ayant diminué, le gaz chaud et homogène qui constituait l'univers est devenu « transparent », laissant les photons circuler librement. Les caractéristiques de ce rayonnement découlent des conditions physiques de l'univers primordial. Plus il sera étudié en détails, plus nous saurons à quoi ressemblait l'univers lorsqu'il a émis sa première lumière, et plus nous aurons d'informations sur les paramètres cosmologiques de base : énergie, taux d'expansion, courbure de l'univers. En 1992, le satellite COBE mesura de très petites inhomogénéités dans le rayonnement fossile, ce qui fut qualifié par Stephen Hawking de « découverte scientifique du siècle, si pas de tous les temps », car dans ces inhomogénéités devaient se trouver les germes des structures que nous observons aujourd'hui. Depuis, les mesures se sont sans cesse affinées, au point que Paolo de Bernardis se réjouit de pouvoir observer directement les structures fondamentales de l'Univers primordial, et même celle qui créa notre galaxie. Selon David Spergel, cartographier le fond diffus cosmologique ressemble un peu au séquençage du génome humain, mais à l'échelle de l'Univers.
 
Après Boomerang et Archeops, qui ont effectué des mesures très précises sur de petites portions du ciel, le satellite Map a, lui, cartographié le ciel entier avec une résolution 35 fois supérieure à celle de Cobe.
 

Edgard GUNZIG

Professeur à l'Université Libre de Bruxelles