Campus Peyresq-Annot
 
de l'Université Libre de Bruxelles
 
 
Le village de Peyresq accueille depuis bientôt 50 ans des étudiants de l'ULB pour des activités de reconstruction, de recherches et d'enseignement dans un cadre humaniste. Ces activités sont soutenues notamment par l'asbl Fondation Nicolas-Claude Fabri de Peiresc qui depuis peu a étendu ses activités sur la ville d'Annot.
L'idée du Campus Peyresq-Annot de l'ULB est basée sur la complémentarité entre les possibilités offertes par le village de Peyresq et la ville d'Annot. L'objectif principal est de constituer un pôle interdisciplinaire et interuniversitaire en vue d'étudier l'environnement à la fois physique et humain dans un but bien déterminé d'ouverture et de contact humaniste.
La création d'un campus ULB à Peyresq-Annot est susceptible de soutenir des actions novatrices dans les domaines suivants :
• enseignement: mise au point d'une pédagogie différente, basée sur un nouvel équilibre "learning/teaching" donnant davantage aux étudiants une formation pratique au sein de petits groupes conviviaux;
• recherche/action avec les opérateurs locaux, intégration dans le développement local;
• organisation de colloques / ateliers spécialisés;
• collaboration internationale avec les universités françaises et européennes mais aussi avec l'Université de Charleston (USA) récemment établie à Annot.
Le 3ème étage du Campus Européen Platon à Annot est spécialement équipé pour les réunions scientifiques et culturelles, avec une salle de biodiversité végétale.
 
La salle de biodiversité végétale du Campus Européen Platon à Annot
 
La salle de biodiversité végétale du Campus Européen Platon à Annot a été réalisée dans le but de faciliter les études environnementales futures dans le cadre des activités du Campus Peyresq-Annot de l'Université Libre de Bruxelles.
En consultant les herbiers, il est possible de vérifier le nom d'une plante par comparaison. Actuellement, l'herbarium contient les principales espèces de la région (environ 1500 espèces), et il reste encore des espaces libres pour accueillir les collections nouvelles.
La salle de biodiversité est accessible sur demande à toute personne intéressée par la diversité végétale ou qui souhaite mettre un nom correct sur une plante particulière.
Cette salle est donc à la fois un point focal où sont rassemblées les connaissances du passé et un lieu d'accueil pour les collections futures. C'est aussi un lieu de travail idéal pour le présent puisque s'y trouve binoculaire, ordinateur et flore nécessaires pour effectuer directement une identification scientifique des plantes. Elle constitue donc un tremplin pour de nouvelles études basées sur la biodiversité végétale et est déterminante pour générer des recherches futures sur la gestion durable du patrimoine naturel de la région.
 
Descriptif
Cette salle contient 12 armoires avec 9 étagères chacune de 1,20 m de long contenant chacune 4 paquets d'herbiers soit 432 paquets d'herbier de 20 plantes soit environ 8000 plantes. Deux grandes collections y sont actuellement entreposées :
- la collection du prof Duvigneaud et de ses chercheurs a surtout été effectuée entre 1954 et 1980 et se rapporte principalement aux Alpes-Maritimes.
- la collection du prof Lejoly comprend 3000 échantillons d'herbiers récoltés entre 1967 et 1975 dans la vallée de la Vaïre et les Alpes-de-Haute-Provence, correspondant à environ 1000 espèces différentes.
Les plantes sont classées par ordre alphabétique des familles, des genres et des espèces. Ces herbiers ont été récoltés à toutes les périodes de l'année, dans des endroits parfois difficilement accessibles et ont été déterminés avec précision.
 
Fonctionnement
Pour répondre aux bonnes pratiques de laboratoire, l'herbarium comprend deux pièces distinctes : d'une part une salle des collections proprement dite avec armoire de présentation des herbiers, flore, microscope et PC et d'autre part une salle connexe pour la préparation du nouveau matériel.
Les opérations suivantes sont nécessaires pour préparer des nouveaux herbiers :
- séchage (avec une étuve à dessication à 45°C);
- suppression des insectes prédateurs par mise au congélateur pour éviter la contamination des herbiers collectés antérieurement;
- montage sur bristol (avec bandelette collante, avec gomme arabique résistant plusieurs siècles).
Le matériel déposé dans la salle de collection est destiné à résister à l'épreuve du temps. Il représente la référence pour garantir qu'une espèce donnée ne puisse avoir qu'un seul nom valide. L'herbier de référence est indispensable car il correspond à des exigences de publications dans les revues internationales de taxonomie qui exige que la plante rare mentionnée dans le texte soit accompagnée de la citation d'un herbier défini par le nom du récolteur suivi d'un numéro de récolte.
De plus il faut que l'herbier soit déposé dans une institution reconnue dont la crédibilité garantit la conservation à long terme. C'est le cas ici puisque les collections de cette salle font partie de l'herbarium du Laboratoire de Botanique systématique et de Phytosociologie de l'Université Libre de Bruxelles (155.000 spécimens) qui est reconnu depuis 1948 comme herbarium international avec le sigle BRLU.
Il existe la possibilité pour les botanistes naturalistes du département de consulter les collections. Un listing des collections sera bientôt disponible et ainsi, un appel leur est lancé pour compléter les collections. La technologie de conservation est mise à disposition pour entreposer de nouvelles collections auxquelles ils auront accès dans notre herbarium.
 

Jean LEJOLY

Professeur à l'Université Libre de Bruxelles

Laboratoire de Botanique Systématique et de Phytosociologie

 Campus Européen Platon