Mécanismes de la dynamique naturelle des végétations forestières de montagne : essai de synthèse et conséquences en phytosociologie

 

DECOCQ Guillaume

 

“ Phytocoenologie et Dynamique des Systèmes Anthropisés ”, Université de Picardie Jules Verne - Département de Botanique, Amiens

 

 

La dynamique forestière naturelle met en jeu un certain nombre de communautés végétales qui s’ordonnent le long de successions temporelles. Ces trajectoires déterministes mettent en jeu différents mécanismes sylvigénétiques, sous la dépendance des conditions de milieu. En fonction de ces mécanismes, plusieurs modèles qualitatifs de dynamique forestière, applicables aux forêts de montagne peuvent être proposés :

            • le “ modèle de résistance ” caractérise les forêts des milieux extrêmes, soumis à un stress écologique intense.

            • le “ modèle de Sisyphe ” est propre aux milieux soumis de manière récurrente et stochastique à des perturbations majeures.

            • le “ modèle des mosaïques ” se met en place en cas d’interférence d’une espèce du sous-bois, généralement clonale, sur le processus de régénération ligneuse.

            • le “ modèle de colonisation ” correspond aux successions linéaires classiques, souvent primaires.

            • le “ modèle d’expansion ” tend à remplacer le précédent dans le cas de végétations secondaires.

            • le “ modèle de régénération ” assure la pérennité des écosystèmes forestiers déjà installés, grâce aux successions cycliques classiques.

La distinction des différents stades le long de ces trajectoires dynamiques est parfois délicate, ce qui en complique la typologie phytosociologique. La perception des discontinuités entre phytocoenoses ou, selon les cas, à l’intérieur de celles-ci, devrait rester le premier critère de délimitation des communautés végétales.