Etude phytosociologique de l’inselberg Sobakpérou (nord-Bénin)

 

OUMOROU Madjidou*, et LEJOLY Jean**

 

* Laboratoire d’Ecologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université Nationale du Bénin, Cotonou,

** Laboratoire de Botanique Systématique et de Phytosociologie, Université Libre de Bruxelles,

 

 

Ce travail s’inscrit dans le cadre d’une thèse portant sur l’étude générale de la flore et de la végétation des inselbergs du Bénin. L’objectif de cette étude est de présenter les principaux groupements végétaux d’un de ces inselbergs. Le Sobakpérou est un des inselbergs les plus spectaculaires du Bénin et son altitude varie de 300 à 620 m. Il est situé dans une localité qui jouit d’un climat du type tropical sec ou soudanien avec une grande saison sèche de 5 à 6 mois.

Trente relevés phytosociologiques comportant 172 espèces ont été effectués suivant la méthode de Braun-Blanquet. En vue de distinguer les groupements, ces relevés ont été traités en fonction de la présence-absence des espèces par deux logiciels : Twinspan 1.0 et Statistica 5.1

L’analyse phytosociologique a permis de mettre en évidence sept groupements :

- Forêt dense basse à Diospyros abyssinica et Oplismenus hirtellus : 29 espèces au total pour six relevés de 225 m2 avec 13,5 espèces en moyenne ; sol humifère profond (25 à 30 cm) et acide (pH = 5,3). 

- Fourré dense à Acacia pennata et Allophylus africanus : flore constituée d’un petit nombre d’espèces, soit au total 7 pour deux relevés de 225 m2 avec en moyenne 6 espèces ; sol acide (pH = 6) avec une profondeur atteignant 20 cm.

- Forêt claire à Anogeissus leiocarpus et Andropogon tectorum : 111 espèces recensées pour 9 relevés de 400 m2 avec 31 espèces en moyenne et comprend 2 facies: un faciès à Pouteria alnifolia au pied de l’inselberg sur sol profond (pH = 7,4) et un faciès à Isoberlinia doka de versant inférieur sur sol moins profond (pH = 6,1).

- Savane à Loudetia arundinacea et Hyparrhenia involucrata : 28 espèces au total pour deux relevés de 50 m2 avec 20 espèces en moyenne ; sol superficiel à pH acide variant de 5,9 à 6,4.

- Pelouse sèche à Afrotrilepis pilosa et Cyanotis lanata : 14 espèces recensées pour quatre relevés de 50 m2 avec 6,7 espèces en moyenne ; sol superficiel (5 à 10 cm de profondeur) à pH acide compris entre 5,6 à 5,9.

- Pelouse sèche à Sporobolus festivus et Microchloa indica : 24 espèces inventoriées au total pour trois relevés de 35 m2 avec 16 espèces en moyenne ; sol superficiel (profondeur dépassant rarement 7 cm) avec un pH nettement acide compris entre 4,9 et 5,5.

- Pelouse humide à Andropogon africanus et Ophioglossum costatum : 31 espèces recensées pour quatre relevés de 50 m2 avec 20 espèces en moyenne ; sol superficiel (1 à 10 cm de profondeur) avec un pH nettement acide compris entre 4,7 et 5,7 ; tendance des plantes minuscules à s’installer en bordure du groupement.

Les différents groupements sont comparés avec ceux d’Afrique occidentale et centrale.