Le dynamisme de la végétation d’une montagne représentative de la Sicile

 

Schicchi R., Raimondo F. M.

 

Dipartimento di Scienze Botaniche, Università di Palermo.

 

 

L’aire de la recherche est le Massif des Madonie, qui se trouve dans la partie septentrionale de la Sicile, près de la Mer Tyrrhénienne. Il s’agit d’un territoire très diversifié, constitué de roches carbonatées et aussi de quartzites. La partie la plus élevée du massif correspond à l’aire climacique du Geranio versicoloris-Fagion avec la forêt de Fagus sylvatica, qui occupe une surface de 2000 hectares et qui représente l’expression de la végétation la plus évoluée, même si elle n’est pas primaire. La série évolutive de la hêtraie basiphile (développée sur la dolomie triasique), comprend une végétation rupestre (Asperulo-Potentilletum nebrodense) avec beaucoup d’espèces endémiques, qui sur les éboulis en dessous des parois rocheuses fait place à l’association Arenario-Rumicetum scutati, un groupement pionnier typique des éboulis (Raimondo, 1980). Plus tard, on observe le développement du Lino-Seslerietum nitidae, une association assez proche à l’Astragaletum nebrodensis (Pignatti et al., 1980), qui évolue vers l’Anthrisco-Fagetum aceretosum (Hofmann,1960). La destruction ou bien l’éclaircissement de la hêtraie, à cause du pâturage et des coupes irrationnelles des bois, conditionne la formation de prairies secondaires avec les associations Lino-Seslerietum nitidae, Cachryetum ferulaceae et Cynosuro-Plantaginetum cupanii. Tandis que les deux premières associations nommées représentent la dernière phase de la série régressive, les prairies mésophiles gardent une certaine potentialité évolutive vers la forêt (Raimondo, 1980).

Moins représentée est la série de la hêtraie des substrats quartzitiques (Anthrisco-Fagetum luzuletosum) dont font partie des broussailles de l’Armerion nebrodensis, parmi lesquelles les associations Plantagini-Armerietum nebrodensis et Cerastio-Juniperetum hemisphaericae; dans les endroits les plus protégés de l’action du vent ces associations se développent vers la hêtraie (Brullo, 1983). La destruction de la hêtraie favorise l’affirmation du Genistetum cupanii, une association ouverte dont la physionomie est caractérisée par Genista cupanii, espèce endémique en forme de coussinets hémisphériques (Pignatti et al, 1980). Sur les surfaces planes et sur les sols peu perméables, la destruction de la hêtraie conduit, par contre, à la formation de prairies mésophiles du Cynosuro-Plantaginetum cupanii.

Sur les substrats quartzitiques entre 1.200 et 1.500 m d'altitude (Bosco Pomieri), où pendant presque toute l’année il y a du brouillard, la hêtraie est remplacée par l’association Ilici-Quercetum petraeae, une forêt caractérisée de Quercus petraea subsp. austrotyrrhenica et de Ilex aquifolium. La dégradation de cette forêt conduit au Crataegetum laciniatae, une broussaille d’arbustes épineux et lianeux, et au Genistetum cupanii. La destruction des arbustes provoque le développement de formations prairiales du Plantaginion cupanii.