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M. NEBOGATOV, PALEKH, 1982.
Au creux de l'anse un chêne vert Portant une chaîne d'or Et jour et nuit un chat savant Tourne en rond sur cette chaîne. Va-t-il à droite, entonne une chanson A gauche, narre un conte. Là-bas sont les merveilles : là-bas rôde le sylvain La roussalka siège sur les branches. Là-bas, dans des sentiers inconnus Des traces d'animaux mystérieux; Là-bas, la petite isba sur ses fragiles pattes de poulet Surgit sans fenêtres, sans portes; Là-bas la forêt et le vallon sont pleins de visions; Là-bas à l'aube accourent les vagues Sur le rivage désert et sablonneux, Et trente superbes chevaliers Émergent tour à tour des eaux claires Menés par le Vieux des Mers; Là-bas, un jeune prince, en passant S'empare d'un tsar terrible; Là-bas dans les nuées par devant le peuple Par les forêts, par les mers Le sorcier emporte le héros; Là-bas se lamente la tsarévna captive Que le loup gris sert fidèlement; Là-bas la Baba-Yaga dans son mortier Va, trébuchant d'elle même; Là-bas le tsar Kocheï dépérit sur son or. Là-bas souffle l'esprit russe Là-bas ça sent la Russie Là-bas je fus et bus le miel; Près de la mer je vis le chêne vert A ses pieds je m'étais assis, et le chat savant De me dire ses contes. |