Les jardins de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc à Belgentier.

Gravure de I. Silvestre. Musée Paul Arbaud, Aix-en-Provence.

The gardens of Nicolas-Claude Fabri de Peiresc at Belgentier.

Engraving by I. Silvestre. Paul Arbaud Museum, Aix-en-Provence.

Curieux de nature

Un esprit déjà attiré, chez certains, chez Peiresc en tous cas, par les choses de la nature, qu'on redécouvre en particulier aujourd'hui.

Auteur d'un "Traité des oeuvres bizarres de la Nature" disparu, Peiresc se passionne pour la vie végétale et animale.

Des voyageurs revenus de Java, qu'il questionne assidûment, lui font penser qu'il existe, entre l'homme et le singe, un troisième genre : des animaux - qui ne sont autres, sans doute que les Javanais - qui "servent dans les maisons à balayer la chambre, allumer le feu et à autres ministères domestiques dont ils s'acquittent fort ponctuellement et avec une grande mansuétude."

Dans sa demeure d'Aix-en-Provence vivent des caméléons, et des chats nombreux : parmi eux, un couple d'angoras, cette race qu'il a introduite en France.

A Belgentier, sa résidence de campagne, il possède des jardins superbes, objets de tous ses soins.

Il fait venir de loin les arbres et les fleurs : du jasmin d'Espagne, du bois de corail d'Amérique, des hyacinthes des Indes, des orangers de Chine, des papyrus d'Egypte, plusieurs variétés de vignes, la nèfle. Son verger est planté de plus de soixante sortes de pommes, et d'autant d'espèces de poires.

A BeIgentier, aussi, vivent de curieux animaux : un alzaron, sorte de boeuf sauvage venu de Tunisie, des caméléons … Et, pendant trois jours, un éléphant de passage, débarqué à Toulon pour être conduit à Marseille, et qu'il examinera de pied en cap.

En 1608, une "pluie de sang" parut s'être abattue sur les environs d'Aix : les murs étaient tachés de larges gouttes couleur de sang. On crut à l'oeuvre du diable, à des vapeurs sorties d'une terre rouge. Peiresc, lui, découvrit, qu'il s'agissait, plus simplement, de taches laissées par des papillons quittant l'état de chrysalide.

Dans la foulée des travaux de Gaspard Aselli, Peiresc met en évidence, en 1634, I'existence de canaux chylifères chez l'homme, aprés avoir lui-même réuni toutes les conditions expérimentales nécessaires au succès de cette expérience.

Et c'est encore à Peiresc qu'on doit la première description du ciron, cet acarien générateur de la gale.

Curious by nature

His, like some others, was without any doubt a mind already drawn towards the natural world, something which we are rediscovering today, particularly.

As the author of a "Traité des oeuvres bizarres de la Nature" ('Treatise on the Strange Works of Nature'), now no longer extant, Peiresc was fascinated by plant and animal life.

Travellers returning from Java, whom he eagerly questioned, led him to think that there existed a third species between man and monkey: animals &endash; doubtless none other than the Javanese &endash; who "served in houses by sweeping rooms, lighting fires and [were occupied] in other domestic duties, which they discharged most punctually and with great good will".

In his home in Aix-en-Provence lived chameleons and numerous cats, amongst them a pair of Persians, a breed which he had introduced into France.

At Belgentier, his country home, he owned superb gardens, upon which he lavished every care.

He had trees and flowers brought from far and wide &endash; jasmine from Spain, padauk from America, hyacinths from the Indies, orange-trees from China, papyrus from Egypt, vines of several varieties, and medlars. His orchard was planted with sixty varieties of apple, and as many kinds of pear.

At Belgentier, too, lived exotic animals &endash; an alzaron, a kind of wild ox from Tunisia, chameleons and others. And, for three days, an elephant in transit, which had landed in Toulon to be taken to Marseilles, and which he examined from head to toe.

In 1608, it appeared to 'rain blood' on Aix and the surrounding area &endash; walls were stained by large blood-coloured splashes. People thought it was the work of the devil, or vapours emitted from a red land. Peiresc, however, discovered that it was caused quite simply by red stains left by butterflies leaving the chrysalis.

Following on from the work of Gaspard Aselli, in 1634 Peiresc discovered the existence of chyliferous vessels in man, after himself creating all the necessary laboratory conditions for the success of this experiment.

And again, it is to Peiresc that we owe the first description of the mite which causes scabies.