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Peiresc et la Belgique Etant donné le rôle pris par les Belges de notre temps dans la recherche peirescienne, il convient d'accorder une place particulière aux relations de Peiresc avec la Belgique. Car Peiresc entretint des relations suivies avec les plus grands hommes, savants et artistes de la BeIgique, parmi lesquels son correspondant privilégié fut sans aucun doute, Rubens, dont Peiresc était le cadet de 3 ans. Peiresc vit les mêmes années d'histoire que lui, a les mêmes passions, le même goût de la culture. C'est un jeune humaniste anversois qui, en 1620, les mit, indirectement, en contact. Gaspard Gevaerts, dit Gevartius, avait rencontré Peiresc à Paris. Gevartius parla de Peiresc à Rubens, qui lui demanda d'intervenir auprès du Conseiller de Provence, pour tenter d'obtenir de Louis XlIl le privilège royal, qui protégerait l'artiste anversois des contrefaçons de ses gravures en France. Peiresc obtint cette faveur. Et bientôt, une correspondance naquit, directement, entre Rubens et Peiresc. La première lettre connue est datée du 27 octobre 1621. Ils correspondront sans trêve jusqu'à la mort de Peiresc, en 1637. Dans les nombreuses lettres échangées, il est question de tout : d'amitié, d'abord. Et puis, de canaux, parce que Rubens a cette passion. De monnaies et médailles, d'anecdotes. De Richelieu sur lequel ils ont des sentiments mitigés l'un et l'autre. De monuments antiques : Peiresc explique à Rubens comment on peut lire les inscriptions abîmées des monuments anciens. Dans ses lettres, Rubens, souvent, appelle Peiresc Votre Seigneurie, par allusion à son fief de la montagne. L'a-t-il abordé ainsi, quand ils se rencontrèrent, pour la première fois, à Paris, en janvier 1622 ? Plus tard, en route vers l'Espagne, dans sa mission de diplomate, Rubens s'arrêtera à Belgentier. Peiresc l'avait convié à venir le voir "lui et ses bagatelles". Modestie des mots : Rubens considérait les collections de Peiresc comme "l'abrégé du monde". Peiresc eut dans sa vie peu de satisfactions aussi grandes que celle d'avoir obtenu l'amitié de Rubens. Cas particulier d'Anvers en ce début du 17ème siècle : Anvers était riche d'une étonnante pléiade de chercheurs, de savants, d'artistes, "d'honnêtes hommes", à ce point nombreux qu'aucun des principaux centres de l'époque ne pouvait se targuer d'en compter autant. Ces hommes continuaient la lignée de ces humanistes qui, d'Erasme à Juste Lipse, illustrèrent le grand mouvement de la Renaissance. Beaucoup, parmi eux, furent en contact étroit et fréquent avec Peiresc. Ainsi en fut-il de Nicolas Rockox, l'illustre bourgmestre d'Anvers, des Gevaerts, des Moretus, d'Abraham Gorlaeus, créateur de la dactylographie, qui demeurait à Delft, mais vint très souvent à Anvers. D'André Schott, le plus universel des philologues, ou de Wendelen, astronome de renommée universelle, ami du philosophe et mathématicien français Gassendi : si proche de Peiresc. On pourrait citer bien d'autres célébrités encore. Tous ces grands noms du 17e siècle naissant avaient un lien commun, on pourrait dire même un pôle commun : Nicolas-Claude Fabri de Peiresc. |
Peiresc and Belgium Given the rôle played by modern-day Belgians in Peiresc studies, it is appropriate to assign a particular place to Peiresc's relations with Belgium. For Peiresc was in constant communication with Belgium's greatest men, scholars and artists, amongst whom his most valued correspondent was, without the slightest doubt, Rubens, who was Peiresc's senior by three years. Peiresc lived through the same years of history as he did, felt the same passions, and had the same cultural tastes. It was a young Antwerp humanist who, in 1620, indirectly brought them into contact. Gaspard Gevaerts, known as Gevartius, had met Peiresc in Paris. Gevartius spoke about Peiresc to Rubens, who asked him to approach the Councillor for Provence in order to try to obtain a royal licence from Louis XIII, which would protect the Antwerp artist from forgeries of his engravings in France. Peiresc secured this favour. And soon, direct correspondence began between Rubens and Peiresc. The first known letter is dated 27 October 1621. They corresponded without interruption until the death of Peiresc in 1637. The many letters they exchanged touch upon every subject, first of all upon friendship. And then upon canals, because this was one of Rubens's particular fascinations. Upon coins and medallions, and anecdotes. Upon Richelieu, about whom they both had mixed feelings. Upon ancient monuments &endash; Peiresc explained to Rubens how to read damaged inscriptions on old monuments. In his letters, Rubens often called Peiresc Votre Seigneurie (Your Lordship) in allusion to his mountain fiefdom. Is this how he addressed him when they met for the first time in Paris, in January 1622 ? Later, en route for Spain on his diplomatic mission, Rubens was to stop off in Belgentier. Peiresc had invited him to come and see "him and his trifles". Modestly chosen words : Rubens considered Peiresc's collections to be "an epitome of the world". In his lifetime, Peiresc had few satisfactions as great as the pleasure of that of winning the friendship of Rubens. There was something exceptional about Antwerp in the early 17th century: it had an astonishingly brilliant circle of scientists, scholars, artists and cultured men &endash; in such numbers that none of the principal cities of the time could boast of so many. These men were continuing the line of those great humanists who, from Erasmus to Juste Lipse, exemplified the great Renaissance movement. Many of them were in close and frequent contact with Peiresc. This was true of Nicolas Rockox, the celebrated Burgomaster of Antwerp, the Gevaerts family, the Moretus family, and Abraham Gorlaeus, the inventor of the typewriter, who lived in Delft, but who made frequent visits to Antwerp. It was true, too, of André Schott, the most universal of philologists, and of Wendelsen, the world-famous astronomer, a friend of the French philosopher and mathematician Gassendi, who was so close to Peiresc. Many others could be added to the list. All these great names from the dawn of the 17th century had one common link &endash; a common centre in their lives, it might even be said &endash; Nicolas-Claude Fabri de Peiresc. |