Galilée
Saumaise
    
Pierre Gassendi
Guillaume du Vair

Peiresc, l'humaniste

Epris de science, amoureux de l'art et de la nature, Peiresc voit l'univers à travers l'humanisme expérimental : c'est une intelligence synthétique, qui sait comprendre les rapports entre les matériaux rassemblés, relier dans le temps les données les plus diverses puisées dans l'histoire du monde.

Il a compris, cet esprit encyclopédique, qui cultive les sciences humaines aussi bien que celles de la nature, toute la valeur de la méthode d'observation. Et, en toutes recherches, c'est l'homme vu à travers l'histoire que l'humaniste Peiresc cherche à mieux saisir. De cet humanisme scientifique qui se développe, il sera, auprès d'hommes les plus divers, le meilleur ambassadeur.

Peiresc sauva l'identité provençale : ses monuments, son archéologie, ses objets d'art, ses plantes et même sa langue en écrivant une Grammaire de Langue d'Oc, une Histoire Abrégée de Provence  et une Chronique de la Vie Provençale au début du XVIIè siècle.

Peiresc fut aussi un généreux philanthrope.

Des preuves de sa générosité, on en trouve, avec modestie, dans ses lettres. Et, sans conteste, dans l'histoire de sa vie.

Il donne à l'érudit Saumaise de rarissimes manuscrits coptes et arabes, offre au savant Sickard un exemplaire unique des tables astronomiques rédigées, au XIIlème siècle, en hébreu. Il documente d'abondance le grand juriste Grotius qui dira : " C'est à Peiresc que je dois d'avoir pu composer mon traité du Droit de la Guerre et de la Paix ".

Il achète souvent un livre en deux ou trois exemplaires pour pouvoir les échanger, mais, surtout, pour pouvoir les offrir. Il prête de nombreux ouvrages de sa bibliothèque, même s'ils lui reviennent diminués, ou s'il ne les revoit plus jamais. Qu'y faire ? "Je ne sais rien refuser à mes amis" confesse-t-il.

Peiresc fut profondément heurté du procès fait par l'Eglise à Galilée. Dans une longue lettre au Cardinal Barberini, futur Pape Urbain VIII, il stigmatise courageusement l'attitude de Rome, affirmant qu'elle risquait d'entacher l'image de la papauté pour bien des siècles à venir.

Le père Campanella, libre-penseur qui intervint avec force en faveur de Galilée, fut torturé, emprisonné pendant 26 ans, libéré en 1626, arrive en France, sans moyens.

Sa première étape est Aix. Peiresc le logea chez lui, et le fêta pendant quelques jours. Il l'envoya alors à Paris, en litière, puis en carrosse. Lui donna de l'argent à son départ, et des lettres de change pour en trouver en chemin. Si bien que Campanella ne put s'empêcher de dire : "J'avais pu contenir mes larmes dans les tourments les plus cruels. Mais je n'eus pas la force de les retenir, en éprouvant le procédé d'un homme si généreux".

"Il faut penser à bien mourir qui est la clôture de la comédie", avait écrit Peiresc à la mort de Du Vair en 1621.

Il s'éteignit dans cet esprit,"regretté de tout ce qu'il y avait de savants, d'hommes de bien, d'amis de l'humanité. Il était âgé de 56 ans, six mois, douze jours".

Peiresc, the humanist

Dedicated as he was to science, and a lover of art and nature, Peiresc saw the universe through experimental humanism; his was a synthesizing intelligence which was able to grasp the relationships between assembled materials, and to link up across time the most varied data drawn from the world's history.

This encyclopaedic mind, which explored both the humanities and the natural sciences, understood to the full the value of the method of observation. And in all his studies, it was man seen through history that Peiresc the humanist sought to grasp more fully. He was to be the finest ambassador for this developing scientific humanism amongst the most dissimilar of men.

Peiresc saved the Provençal identity : its monuments, its archaeology, its works of art, its plants and even its language, by writing, at the beginning of the 17th century, a Grammaire de Langue d'Oc ("Grammar of the Langue d'Oc") an Histoire Abrégée de Provence ("Short History of Provence"), and a Chronique de la Vie Provençale ("Chronicle of Provençal Life")

Peiresc was also a generous philanthropist.

Proofs of his generosity are to be found, with modesty, in his letters. And incontestably in his life history.

To the scholarly Saumaise he gave extremely rare Coptic and Arabic manuscripts, and to Sickard, the scientist, he presented a unique copy of astronomical tables, drawn up in Hebrew in the 13th century. He amply bears out the great jurist, Grotius, who was to say, "I owe it to Peiresc that I was able to write my Traité du Droit de la Guerre et de la Paix" ("Treatise on the Law of War and Peace").

He often bought a book in two or three copies in order to be able to exchange them for others, or above all, to be able to offer them as gifts. He lent numerous works from his library, even though they came back to him in worse condition, or even if he never saw them again. What could be done about it? "I cannot refuse my friends anything," he confessed.

Peiresc was deeply disturbed by the trial of Galileo which was conducted by the Church. In a long letter to Cardinal Barberini, later to be Pope Urban VIII, he courageously condemned Rome's attitude as infamous, maintaining that it carried the risk of staining the image of the papacy for many centuries to come.

Father Campanella, the freethinker who intervened forcefully on Galileo's behalf, was tortured and imprisoned for twenty-six years, and set free in 1626, to arrive in France without means of support.

His first stop was in Aix. Peiresc gave him accommodation in his house, and entertained him for several days. He then sent him to Paris, first in a litter, then in a carriage, giving him money when he left, and bills of exchange with which to obtain more on the way. So much so, that Campanella felt compelled to say, "I was able to contain my tears in the cruellest of torments. But I did not have the strength to hold them back when I experienced the actions of such a generous man."

"We must think of dying a good death, which is the close of the play," Peiresc wrote on the death of Du Vair in 1621.

He breathed his last in this spirit, "lamented by every scholar, every man of good will, and every friend of humanity. He was aged fifty-six years, six months and twelve days."

 

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